3.11.17

Le vélo en libre-service se libéralise.

La mobilité est-elle une affaire d’infrastructures ou de services ? La mobilité en ville procède-t-elle de la planification collective, administrative et politique ou d’une logique privée, individuelle et de marché ? Le vélo, mode de déplacement individuel, peut-il être partagé ? Ce sont toutes ces questions que posent l’arrivée à Paris d’un nouvel opérateur de vélos en libre-service.

Le petit nouveau n’est pas celui que l’on croit. En effet, au moment où le système Vélib change d’opérateur – JC Decaux passe le guidon au consortium Smoovengo – un autre acteur, GoBee.bike, start-up de Hong-Kong, installe une centaine de vélos verts fluos à Paris. Il sera rejoint en fin d’année par le chinois Ofo et ses vélos jaunes.

Si le service proposé – usage d’un vélo pour une durée limitée – est de prime abord assez semblable à celui du Vélib’, la logique d’organisation de GoBee.bike en est en tout point opposée.
  • Pas de planification et d’infrastructure - le vélo peut être déposé n’importe-où selon le principe du « free-floating » - quand le développement du Vélib’ a exigé la définition d’un maillage de 1 263 stations.
  • Pas d’appel d’offre public mais une arrivée spontanée d’opérateurs privés internationaux.
  • Pas de prise en charge publique, quand le service du Vélib’ est, lui, subventionné à 60% par les collectivités.
  • Pas d’abonnement, mais une simple caution et un paiement à la durée.

L’avenir dira :
  • si ces services en libre-service se complètent ou se concurrencent ;
  • si les collectivités interviendront pour réguler l’occupation de l’espace public ;
  • si ces services trouvent – au-delà de leur utilité sociale – une rentabilité suffisante ;
  • si leur prix restera accessible à toutes les bourses ;
  • et surtout si, face aux tentations d’accaparement, de détournement ou de vandalisme, la responsabilité individuelle des usagers permettra un partage durable.

A celles et ceux que toutes ces interrogations angoisseraient, et au risque de passer pour un libertarien, vous pouvez opter pour un vélo en libre-service, sans borne et sans abonnement, léger et à votre taille. Comment? En faisant l’acquisition d’un vélo personnel. Il ne vous restera plus alors qu’à trouver l’immeuble disposant d’un garage à vélos pour le garder en sécurité.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire